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Full text of "Hommage Louis Bert"

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B’U W 


Compositeur 
de musique identitaire 
du BUGEY 

1920-2009 



















































































































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REVUE ANNUELLE 
105 b numéro - Année 2018 

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LE BUGEY 

Société kïsto^ique, littéraire et scientifique 



La vie de la Société en 2017 


£ * 1914 : ['élection de Maxime Laguerre à l'Assemblée nationale 

'g S Brigitte BROCA 

J) flj 3 

g $ ü ^ Les hôpitaux de Belley pendant la Premiers Guerre mondiale 
« | J | CécitéLHÉRITIER-BARRIÉRÉ 

g? a | Confusions posthumes autour d’un héros . 

~ " Isabelle RENARD-ROUX 

Le monument aux morts de fa ville de Belley 
Marielle PUYÛU-DOMIN JON 


La guerre de 1870 vue par un soldat de Champdor 

YannCRUlZIAT 


Le comice agricole d Hautevilile au XIX* siècle 


Beau Bugey . 

Michel BRUN et Colette MICHEL 


Mille ans dans la zone de confluence Rhône-Guiers 
Bernard KAM INSKI 


Petite et grande histoire du tunnel du Chat (1928-2017) 
Dominique TRITENNE 

Archives Récarnier-Lenormant, historique et contenu 

Anne-Marie LEM, épouse LACGMBE 

Ainsi pariait lé Colombier ...... . 

Henri DUPRAZ 

























Beau Bugey 

Découverte des chansons 

par un Genevois, Bugiste de cœur 

Dans la campagne bugiste, lors de rencontres avec des Anciens, il est 
toujours passionnant de parler du passé pour, dans un plaisir mutuel, revivre 
en quelque sorte des temps révolus. C’est ainsi que Madame Andrée Chartier, 
ma voisine, née à Vollien (commune de Cuzieu) le 5 mars 1925, épouse de 
feu Jean Chartier, agriculteur, m’a conté, avec son bon sens terrien et une 
mémoire précise, les us et coutumes de la région, notamment durant l’entre- 
deux guerres. 

A l’occasion d’un de ces entretiens, nous en sommes venus à parler de ce 
que nous nommons « loisirs », terme évidemment inapproprié pour l’époque. 
Le travail demeurait la référence quasi unique ! Tout au plus parlait-on de 
distractions, de fêtes villageoises ou de soirées récréatives, prenant la forme de 
repas, bals, agrémentés de chansons accompagnées selon les circonstances de 
musique jouée par un accordéoniste ou un petit ensemble. La simplicité était 
de mise. 

Pour illustrer son propos, Madame Chartier me présenta alors deux 
« Cahiers de chants ». Le premier fut calligraphié par son père, Alfred Ner¬ 
veux, né à Vollien en 1890. Il comprend 118 chansons au total, merveilleuse¬ 
ment illustrées de dessins coloriés, retranscrites à Bruyères (Vosges), lors de sa 
conscription. Pour la plupart, les thèmes abordés se rapportent aux sentiments 
amoureux, à la famille et à la vie de soldat. Le second recueil, commencé en 
1931, est constitué de 72 feuillets regroupant 85 chansons, écrites à l’encre 
violette, également d’une graphie très appliquée de forme « anglaise ». Il fut 
complété au fil des ans par ses soins jusque dans les années cinquante. 

Ces textes leur servaient de référence écrite dans leurs présentations vo¬ 
cales. Le second recueil comprend exclusivement des paroles de chansons po¬ 
pulaires françaises, souvent à succès, interprétées par des chanteurs célèbres : 
Tino Rossi, Lucienne Delyle , Berthe Sylva et autres artistes alors très connus. 
Le texte, généralement appris par cœur et chanté a cappella , était repris par 
l’assistance à la sainte-Agathe (5 février), patronne des femmes du Bugey ou à 
la sainte-Barbe (4 décembre), patronne des pompiers. Un simple recours à la 
voix permettait ainsi d’animer ces rencontres ou festivités. 

Dans ce livret, nombre de chansons sont bien connues, comme « Sous 
les toits de Paris », « Le temps des cerises », etc. mais beaucoup d’autres le sont 
moins, voire disparues de la mémoire collective. Les thèmes abordés expriment 
le plus généralement des sentiments : « Femmes que vous êtes jolies » ; des 


* 


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Beau Bugey 



Fig. 1 - Cahier de chansons du soldat Nerveux père de Madame Chartier. 


invocations amoureuses : « Je t’ai donné mon cœur » ; la condition humaine : 
« L’enfant du malheur » ; la nostalgie du temps qui passe : «Jeunesse » ; ou des 
lieux : « C’est à Cap ri ». 

La dernière chanson retranscrite en 1951 est « Mexico » surtout connue 
par l’interprétation de Luis Mariano. 

A relever que ledit cahier ne contient aucune chanson en rapport avec le 
Bugey et ses habitants. Seules deux pages volantes supplémentaires, ajoutées 
par la suite, font référence à notre région : l’une manuscrite intitulée : « Mon¬ 
tagne du Bugey », rédigée par Madame Aurélie Perron et l’autre dactylogra¬ 
phiée : «Joli Bugey » : paroles de Jean-Louis Bernard et musique de Louis Bert. 
Personnellement, j’ai entendu « Joli Bugey » chanté par feue Madame Henry 
chaque 31 décembre fêté avec les habitants de Saint-Martin-de-Bavel dans 
les années septante. La notoriété de cette évocation étant largement recon¬ 
nue, j’ai estimé qu’un article à ce sujet dans la revue le Bugey pérenniserait 
ce patrimoine intellectuel local pour autant que l’on puisse en développer la 
genèse. Cela m’a incité à prendre contact avec Madame Colette Michel, fille 
de l’auteur, détentrice d’archives concernant la création et l’ancrage de ces 
deux chansons dans le patrimoine bugiste. 


* 


140 

























Beau Bugey 


Les chansons 

Si « Montagnes du Bugey » et « Joli Bugey » ne figurent pas dans le cahier 
de Madame Chartier à la même place que les autres, c’est quelles ont un statut 
bien différent : leur composition est plus récente (1957 et 1958) et ce sont les 
deux chansons identitaires du Bugey. 

Il nous a semblé intéressant de conter les circonstances de leur nais¬ 
sance, leur diffusion, leur appropriation par le territoire et leur reconnaissance 
comme hymnes du Bugey. 


'line marche entrai nante 

JOLI 

BUGEY 

{AU WWMl rrXuntin*) 

Parole* de JEAN LOUIS BERNARD 
-Musique de LOUIS BERT- 

♦ 

Créée è la 

Radio -Télévision 
française 

per 

Louis BERT 

♦ 


Editions Louis BERT - Talissieu (Ain) 


Fig. 2 - Partitions originales des chansons 1957 et 1958. 




Editions Louis BERT - Tailssieu (Ain) 


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par cette oalxc magnifique 


MONTAGNES 
DU BUGEY 


Parole* de JEAN LOUIS BERNARD 
-Mmique de LOUIS BERT- 


♦ 

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La création 

Elles doivent leur existence à la rencontre de deux personnages : Jean 
Bernard et Louis Bert. 

Jean Bernard, originaire du Maçonnais, professeur de lettres anciennes 
dans un lycée de la région lyonnaise, produisait à la R.T.F puis à l’O.R.T.E 
l’émission « Un micro dans votre ville » diffusée chaque lundi soir sur Radio- 
Lyon. Il partait à la rencontre des gens des villages et explorait leur univers. 


141 













Beau Bugey 


Toujours en recherche de nouveaux lieux à présenter aux auditeurs, Jean 
Bernard a trouvé en Louis Bert un connaisseur du terroir et un relais précieux 
auprès des villages du Bugey et de la Savoie. Contact était pris avec les élus et 
les responsables d’associations pour préparer un enregistrement. Le Maire pré¬ 
sentait sa commune, le curé faisait chanter sa chorale, les anciens racontaient 
leurs souvenirs... On enregistrait les prestations des talents locaux. Dans les 
studios de Radio-Lyon, Jean Bernard assurait la réalisation de l’émission. Il 
avait constaté que le Bugey manquait de musique traditionnelle pour illustrer 
ses présentations. 

En 1957, Louis Bert compose la musique de « Joli Bugey », Jean 
Bernard écrit des paroles pour cette marche. Le premier couplet est une 
invitation à la randonnée, le deuxième et le troisième parlent du bon vin 
et de l’amour, thèmes peu abordables, à cette époque, dans les écoles. A la 
demande de l’épouse de Louis, institutrice à Talissieu, Jean-Bernard écrit 
une version enfantine. Ainsi, les écoliers peuvent chanter, en tout honneur, 
leur joli Bugey. 

En 1958, pour représenter le « Bugey d’en haut », Louis Bert compose 
la musique et Jean Bernard les paroles de « Montagnes du Bugey » : une des¬ 
cription poétique de la montagne en toutes saisons. Une ritournelle à laquelle 
Louis tient beaucoup, précède chaque couplet. Cette valse facile à chanter et à 
retenir va conquérir le cœur des Bugistes du haut et du bas. 

Ces chansons affirment leur identité régionale. Elles sont directement 
inspirées des paysages et de l’ambiance du moment. La musique vient du bal 
musette et les paroles de la poésie bucolique. Louis Bert disait qu’il écrivait 
« de la musique paysagiste ». Elles célèbrent la beauté du pays, le vin, la fête, 
l’attachement que l’on porte à sa rivière, son lac, sa vallée, sa montagne et 
l’amour des filles et des garçons qui s’y rencontrent. Elles vous entraînent dans 
un tourbillon de fraîcheur et de bonheur. 


La diffusion 

Par la radio : Interprétées par des chanteurs professionnels ou amateurs, 
par les chorales, ces chansons circulent sur les ondes de la radio et la télévi¬ 
sion lyonnaise. Les Bugistes découvrent « Joli Bugey » lors de la diffusion des 
émissions «Un micro dans votre ville» de Peyrieu, d’Ambléon et de Serrière- 
de-Briord. Il reste des archives familiales sur bandes magnétiques réalisées à 
travers les ondes avec un magnétophone. 

Par l’école : Louis a l’habitude de venir dans la classe de son épouse, avec 
son accordéon, pour faire chanter les élèves. Délaissant le répertoire classique 
des écoles, il choisit des chansons plus modernes : « La marche des jeunes », 
« La mer » de Charles Trenet, « O sole mio », « Montagnes d’Italie » et évidem¬ 
ment « Joli Bugey » et « Montagnes du Bugey », pour le plus grand plaisir des 


* 


142 






Beau Bugey 


enfants, y compris des petits Italiens arrivés en nombre dans la commune. Au 
certificat d’étude, l’originalité du répertoire de l’école de Talissieu est repérée 
et ses élèves sont plus souvent interrogés en chant qu’en récitation. Les chan¬ 
sons plaisent, elles se diffusent dans le canton puis dans les cantons voisins. 

Par les orchestrations imprimées : A la demande de chefs de musique, 
Louis Bert écrit des partitions pour les orchestres, les harmonies, les fanfares et 
les chorales. Elles sont éditées, vendues en magasin ou offertes aux musiciens. 

Par les groupes de musique populaire : Les chorales, les orchestres de 
bal, reprennent ces chansons joyeuses et poétiques. En décembre 1958, à l’oc¬ 
casion de la fête des écoles de Culoz, « L’Echo du Colombier », dirigée par Ro¬ 
bert Ailloud, interprète « Joli Bugey » pour la première fois. On l’entendra sur 
Radio-Lyon par « L’Entente Musicale de la vallée de l’Auge », des musiciens 
amateurs de Martignat, Bellignat, Groissiat, du Haut-Bugey et Bas-Bugey et 
même par la fanfare de Dolomieu dans l’Isère. 


La rupture 

Au début des années soixante, aux sons de la guitare électrique, d’autres 
rythmes arrivent par l’Ouest. Louis comprend vite que l’accordéon n’aura plus 
la première place dans cette vague déferlante. Il a 41 ans lorsque, vedette ré¬ 
gionale reconnue, il arrête ses activités de musicien professionnel, expliquant 
son choix par cette jolie formule: « J’abandonne la musique avant que ce soit 
elle qui m’abandonne ! ». Il fait son dernier bal en décembre 1961 à la salle 
des fêtes de Belley. 

Louis travaille à Chamonix où il joue en amateur avec « L’amicale des 
accordéonistes de la Haute Vallée de l’Arve » et accompagne le groupe folklo¬ 
rique « Les Rhodos Chamoniards ». Il garde des contacts forts avec son Bugey 
natal où ses chansons continuent à vivre, sans son intervention. 


La reconnaissance 

En 1997, de jeunes étudiants, ethnologues de l’Université Paris VIII, 
arrivent, avec leur professeur, à Lhuis pour appliquer leurs techniques d’étude 
au territoire du Bugey. Dans ce groupe, Clotilde Gilles et Edwin Roubano- 
vitch, ethnomusicologues, s’intéressent aux « chansons traditionnelles ». Ils 
produisent un mémoire intitulé : « Joli Bugey », « Montagnes du Bugey » 
étude sur deux chansons identitaires de la région du Bugey. 

Dans cette étude, après avoir précisé les concepts de : « chanson 
traditionnelle et chanson folklorique », ils constatent l’absence de mé¬ 
lodie de ce type dans le Bugey et découvrent l’existence des deux chansons 
dont le compositeur est encore en vie. Ils étudient alors le processus de leur 


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Beau Bugey 


« folklorisation ». Ils s’intéressent aux circonstances de leur création, à la diffu¬ 
sion et à l’appropriation par le territoire. 

Ils écrivent en 1997 : 

Les personnes qui connaissent aujourd'hui ces chansons les considèrent 
comme les «hymnes de la région». De plus , les personnes qui les connaissent 
ou les ont déjà entendues semblent suffisamment nombreuses pour quon puisse 
considérer qu'on ne se trouve pas devant un phénomène marginal. La plupart 
du temps , les personnes connaissent le nom du compositeur sans pouvoir cependant 
situer avec exactitude la date de composition. Pour certains y elles ont «toujours 
été chantées». 

La conclusion du mémoire de 1997 est la suivante : 

Ces deux chansons cristallisent quelque chose pour les gens du Bugey. Un 
besoin d'identité , d'une identité régionale qui se serait fixée par ces chansons et 
dont L.Bert et J. L. Bernard furent les instigateurs. Peut-être ont-ils créé ce besoin 
d'ailleurs. 

... Ll est délicat d'affirmer que «Joli Bugey» et «Montagnes du Bugey» se sont 
intégrées à la tradition. C'est encore trop tôt. Le compositeur est toujours vivant 
et souvent connu , et les musiques sont jouées telles quelles , comme indiqué sur les 
partitions alors que la tradition se définit aussi par la transmission orale. 

On assiste plutôt à un premier processus d'appropriation d'une chanson po¬ 
pulaire. C'est un phénomène en marche et on peut supposer que si cette dynamique 
se poursuit > les deux chansons vont se «traditionnaliser». 

La même enquête serait à refaire dans quelques décennies ..! 


L’appropriation 

Nous voici 20 ans plus tard. Comment ces chansons ont-elles traversé 

tout ce temps ? 

• Des « patoisants » du Valromey ont traduit « Montagnes du Bugey » en 
patois. Ainsi la chanson semble venir du fond des âges. C’est une légitima¬ 
tion. On oublie les créateurs. La chanson devient « traditionnelle ». 

• En 1989, « la chorale Chantelouve » de Belley, accompagnée par René Mor- 
nieux à l’accordéon, enregistre les deux chansons sur cassette. 

• En 1998, les élèves de l’accordéon club du Bugey, dirigé par Annie Mougel, 
enregistrent leur premier CD pour le 35 e anniversaire de la création du club. 
Tout naturellement, « Montagnes du Bugey » en fait l’ouverture. 

• Une génération sépare Louis Bert et Jean-Marc Leclecq. Natif du Nord 
près de Lens, musicien et compositeur, celui-ci s’attache à son pays d’adop¬ 
tion : le Bugey. Animateur de soirées, il est « chanteur régional » comme il 
le revendique dans sa chanson. Jean-Marc admire, respecte et affectionne 




144 







Beau Bugey 


Louis Bert quil visite régulièrement. Il termine souvent ses spectacles en 
faisant chanter l’incontournable « Montagnes du Bugey » par son public. 

• Louis Bert est souvent invité par les organisateurs de concerts d’harmo¬ 
nies, de fanfares ou de chorales. A Saint-Rambert, il découvre un quatrième 
couplet pour « Montagnes du Bugey ». On lui explique que la chanson ne 
parlait pas du « ramequin », spécialité de la ville, et qu’un poète local avait 
dû corriger cet oubli. 

• On entend ces chansons jouées par un orchestre ou chantées par des groupes 
pour la saint-Vincent, pour la saint-Antoine, pour les journées portes-ou- 
vertes des caveaux, les fêtes de famille... Elles accompagnent les déplace¬ 
ments des « Commandeurs du Bugey » qui assurent la promotion des vins 
du terroir et des « Compagnons du Bugey » qui regroupent la diaspora 
bugiste de Lyon. Elles illustrent les films de reportage commandés par des 
caveaux ou des associations historiques locales. 

• Plusieurs « tourneurs de manivelle » possèdent les cartons des deux chan¬ 
sons identitaires du Bugey pour leur orgue de barbarie. Elles rencontrent un 
réel succès dans les festivals régionaux. Ces mélodies entraînantes attirent 
tout public. Les visiteurs qui les connaissent bien chantent avec assurance 
et conviction. Ils sont heureux de transmettre ces mélodies à leurs enfants, 
petits-enfants et amis. 

• En 2000, pour fêter le 80 e anniversaire de Louis Bert, ses amis musiciens 
décident de lui enregistrer en secret un CD de ses chansons intitulé « Louis 
BERT par ses amis ». Grande émotion pour le compositeur lors de la re¬ 
mise du CD le 4 mai à Talissieu. Le 7 juillet, un grand repas-concert, au 
cours duquel il reçoit la médaille de la SACEM, rassemble 320 personnes à 
Culoz : les musiciens et le public qui tenaient à être là. 

• Il existe de nombreux enregistrements des chansons sur CD par des artistes 
régionaux. Ils sont diffusés, ainsi que le CD anniversaire, par les radios 
locales de l’Ain et de la Savoie. Il existe même une version de « Joli Bugey » 
pour quatre cuivres, arrangée par Emilie Jaulmes, petite-fille de Louis Bert 
et harpiste solo de l’orchestre philharmonique de Stuttgart, sur un CD en¬ 
registré en 2010 en Allemagne. 

• En 2007, Jean-Noël Deparis consacre deux émissions de « La place du Vil¬ 
lage » pour TV8 Mont-Blanc, à Louis Bert qu’il est venu filmer dans le 
décor du café des années cinquante à Talissieu, entouré de nombreux amis 
musiciens interprètes de ses chansons. 

• La foule qui assistait à sa sépulture, à Talissieu, en mai 2009 a chanté 
« Montagnes du Bugey » lors de la sortie de l’église. Un émouvant et dernier 
hommage pour remercier Louis de leur avoir donné ces belles chansons. 

Les archives familiales de Madame Chartier ont permis de retrouver des 

cahiers de chansons françaises populaires. Deux d’entre-elles, sur des feuillets 


145 









Beau Bugey 


i 




146 



































































Beau Bugey 


JOLI BUGEY 


couplet 1 

Quand tu viendras 
Dans nos côleaux 
Tu marcheras par monts par 
vaux. 

Un peu plus bas 
Un peu plus haut 
Le long des prés cl des 
ruisseaux 
Mon vieux copain 
Mets ton chapeau 
Bâton en main et sac au dos 
Par les chemins 
Redis ces mots 
Ce pays là 
C'est le plus beau. 

refrain : 

Viens notre montagne est belle 
Viens chez nous la joie t'appelle 
Des pays on en connaît 
Oui mais 

Rien ne vaut notre Bugey. 

couplet II : 

Ce vin qu'on boit 
Ou sec ou doux 
il n'en est pas de meilleur goût. 
Encore un doigt 
Encore un coup 

Qui ne sait boire est un peu fou! 
Mais ce qui vaut 
Bien mieux que tout. 


C'est un petit marc de chez 
nous. 

Il nous tient chaud 
Jusqu'aux genoux: 

En son honneur trinquons 
debout! 

couplet III : 

La belle aussi 
Regarde là. 

Tu peux la prendre dans tes 
bras. 

Aimer par ci 
Aimer par là. 

Tant que l'amour te sourira. 

Si tout va mal 
Dans ton cœur 11 
Pour oublier tu reviendras 
Au petit bal 
Sous les lilas. 

Et comme hier tu danseras. 

MONTAGNES DU 
BUGEY 

couplet I 

Ils coulent les beaux nuages 
Dans la vallée bleue du ciel 
Ils tremblent les verts feuillages 
A la voix du vent cruel. 

Les champs, la foret plus noire. 
Les sapins à l'air vainqueurs. 
C’est là ma fierté ma gloire. 
C’est ici que vit mon cœur. 


refrain 

Jolies montagnes 
De mon Bugey 
Dans ccs campagnes 
Toujours je vivrai. 
L'ennui me gagne 
Quand je m'en vais 
Loin des montagnes 
Du joli Bugey. 

couplet II 

Les prés sont pleins de 
jonquilles 

Quand revient le mois de Mai 
Le long des ruisseaux qui 
brillent 

Que de bouquets d'or l'ont fait! 
Puis s'ouvrent les blancs 
narcisses 

C'est bientôt le temps d'aimer: 

Aux lèvres déjà fleurissent 
l es serments, les doux baisers. 

couplet III 

Entendez dans l'air qui vibre 
Le chant clair qui vient d'en 
haut 

C'est au pays pur et libre 
Les clochettes des troupeaux. 
Et sous le rocher des aigles 
J'écoute le bruit du vent 
Il vient caresser les seigles 
Et chante avec moi souvent 


séparés, « Joli Bugey » et « Montagnes du Bugey », choisies en raison de leur 
enracinement dans notre région, ont fait l’objet de cet article. 

Le constat est clair : les Bugistes se les sont appropriées, elles sont deve¬ 
nues les leurs, elles échappent à leurs créateurs. Comme l’avaient pressenti les 
jeunes musicologues, les chansons se sont bien « traditionnalisées ». L’évolu¬ 
tion de la population, engendrant mixité et mobilité, n’affectera-t-elle pas ce 
patrimoine vocal ? 


Michel BRUN et Colette MICHEL 


Note 

Pour renseignements sur les chansons, 1 auteur, le compositeur et les partitions, 
s’adresser à : 

Colette Michel • 125, rue Joli Bugey • 01510 Talissieu. Tel. : 06 75 39 89 51, 

mail : coljf.michel@wanadoo.fr 


147 

















LE BUGEY 



Société savante 


HISTORIQUE. LITTÉRAIRE 
ET SCIENTIFIQUE 

La Société « Le Bugey » 

Fondée à Belley le 28 décembre 1908 par le comte Marc de Seyssel-Cressieu 
et une équipe d’érudits bugistes, elle a pour but de réunir tous ceux 
qui s’intéressent aux études locales, historiques, scientifiques et littéraires, 
relatives à l’ancienne province du Bugey : arrondissements actuels de Belley 
et de Nantua, pays de Gex et Avant-Pays Savoyard (canton de Yenne, 
Saint-Genix-sur-Guiers, Pont-de-Beauvoisin, les Échelles). 

Les régions limitrophes ne sont pas exclues. 

Elle organise des conférences publiques et des excursions pour ses membres. 
La Société publie annuellement sa revue qui propose des articles se rapportant 

au Bugey. 

La revue comprend également une chronique sur la vie de la Société. 

Abonnement 

L’abonnement à la « revue » est de 16 € pour un numéro par an. 

En cas d’envoi par la poste, les frais sont de 7 €. 

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Le bulletin d’adhésion est en page 287 

La revue « Le Bugey » est disponible à la permanence de la Société. 

Elle peut aussi vous être remise à domicile par nos Délégués 
listés en page 238 


• Siège social : Hôtel de Ville 

Permanences au Palais épiscopal le 2 e et le 4 e mardi du mois de 16 h 00 à 18 h 00 
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• Adresse électronique : societesavantelebugey@orange.fr 
• Site internet : www.lebugey.org 




















26 avriC 2007, avec Jean-NoeCVeparis 
pour TV8 Mont-'BCanc 


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Publié avec les aimables autorisations de la Société historique, littéraire et scientifique Le Bugey et celles des auteurs